Tarn-et-Garonne ; un concentré d’art de vivre, version sud-ouest

Il y  a deux semaines, j’ai eu l’occasion de visiter le Tarn-et-Garonne. Ce petit département du sud-ouest, plutôt méconnu, vit dans la discrétion aux côtés de ses voisins plus célèbres. Pourtant, il condense à lui seul, sur une faible superficie, toutes les qualités et avantages des Lot, Aveyron, Tarn et autre Gers limitrophes. Suivez-moi, je vous emmène dans ce concentré de sud-ouest !

De pierres et d’histoire

Vous pensez connaitre l’identité de la ville rose ?  Détrompez-vous, Montauban compte plus de bâtiments en brique que sa voisine de Haute-Garonne. Le cœur de la petite sœur de Toulouse est d’ailleurs entièrement construit avec ce matériau. Véritable joyau de la cité, la Place Nationale constitue le point de départ pour une balade dans la ville.

Au cours de cette promenade, la blanche cathédrale constitue évidemment un incontournable. Tout comme la fascinante église Saint-Jacques dont la façade porte encore les stigmates des boulets de canon lancés contre elle en 1621. Mais le plus excitant est souvent caché. On dénombre plus d’une cinquantaine d’hôtels particuliers dans la ville, tous avec des cours intérieures à ciel ouvert. N’hésitez à pousser des portes, vous risquez de tomber sur une merveille.

PlaceNationale_Arcades

Montauban n’est pas seule à jouir d’un patrimoine historique. A vrai dire, la richesse architecturale est ici partout. Le moindre village dispose d’un site digne d’intérêt ; un château, une abbaye médiévale, une halle ancienne… il y en a vraiment partout !

Parmi les bijoux visités, mon coup de cœur est attribué à Saint-Antonin-Noble-Val. Aux confins du Tarn et de l’Aveyron, ce village médiéval combine un cadre naturel exceptionnel avec des rues moyenâgeuses quasi intactes. Flâner dans ce dédale et se perdre dans ses ruelles pavées est un pur plaisir. Avant ou après une excursion en canoë dans les Gorges de l’Aveyron.

SaintAntoninNobleVal

 

En matière d’édifices religieux, on ne peut pas faire l’impasse sur Moissac et son remarquable cloître. Dans l’abbaye Saint-Pierre,  la cour du 12ème siècle est entourée de colonnes dont chaque chapiteau représente un mini chef d’œuvre de l’art roman.

Moissac-cloitre

 

Les abbayes de Belleperche à Cordes-Tolosannes et de Beaulieu à Ginals sont également des lieux surprenants. Tant par leur architecture que par leur contenu puisqu’elles sont devenues toutes deux des lieux d’exposition.

Du classique au contemporain en passant par le street art

Le site de Belleperche étonne tout d’abord par sa situation. Juchée sur de hauts murs de soutien, l’abbaye cistercienne trempe ses pieds dans la Garonne. Ses murs abritent désormais un musée des arts de la table. A l’étage, une surprise vous attend avec la galerie des graffitis. Je ne vous en dis pas plus, si ce n’est que j’ai vraiment été stupéfait par ces parois.

Abbaye_Belleperche

A Ginals, l’abbaye de Beaulieu est encore plus impressionnante. Majestueuse, sa lumière pénètre et habite cet immense volume vivant et vibrant au grès des inclinaisons solaires. Un écrin à couper le souffle pour mettre en valeur les œuvres exposées.  Actuellement, c’est l’artiste belge Philippe Ringlet qui est présenté. Ses travaux abstraits inspirés notamment de Rothko ou de Tapies, résonnent particulièrement bien dans cet espace si singulier.

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Quant à Montauban, elle peut s’enorgueillir d’avoir parmi ses enfant le peintre Ingres et le sculpteur Bourdelle. Si le dernier est présent dans la ville avec plusieurs sculptures, la place d’Ingres est actuellement réduite pour cause de travaux dans le musée qui porte son nom. Mais l’artiste au célèbre violon n’a pas totalement disparu. On retrouve quelques œuvres dans une galerie d’exposition de l’ancien collège des Jésuites. Ainsi que dans la rue, notamment avec deux initiatives street art ; un clin d’œil pixelisé signé Invader ainsi qu’un collage XXL réalisé par Julien de Casabianca.

Ingres_Casabianca

Enfin, je vous emmène à 15km de Montauban dans un lieu totalement atypique. A Nègrepelisse, un château du 13ème siècle sert de base à La Cuisine, un centre d’art et de design qui utilise la gastronomie comme un outil de médiation artistique. En ruine, cet édifice a été confié à l’agence RCR Arquitectes dont le travail aboutit à un parfait équilibre.

LaCuisine

Les matériaux bruts (pierre, métaux, aciers, bétons, verre) se marient à merveille avec la base médiévale et l’environnement naturel. La programmation artistique est audacieuse et ambitieuse, souvent le fruit d’une résidence réalisée sur place par l’artiste. Et pour faciliter la compréhension des expositions, des performances culinaires sont exécutées par la chef des fourneaux de La Cuisine, Camille Savoye.

 

Les papilles à la fête

Ce département est le verger des Midi-Pyrénées. Premier producteur de pommes en France, on y déguste les spécialités locales comme le raisin Chasselas de Moissac, le melon du Quercy, l’ail de Lomagne, la truffe… La liste est longue et constitue une source d’inspiration constante pour les chefs locaux. Les bonnes tables ne manquent pas sur le territoire et un article y sera dédié dans les jours à venir. Parmi celles-ci, je peux d’ores et déjà vous dire que la palme de mon palais est attribuée à Thierry Pzonka. Le chef du restaurant Les Sens à Puylaroque n’a pas son pareil pour composer avec ce terroir profond en y ajoutant des pousses et arômes rares qu’il cultive dans son potager.

LesSens

Le verre se remplit aussi de nectars locaux. Pas moins de six appellations sont réparties sur le département et un œnotourisme se développe autour de cette pluralité viticole. Saint-Sardos, Brulhois, Lavilledieu, Côteaux du Quercy, Côteaux et Terrasses de Montauban, autant de terroirs composés de petites exploitations qui accueillent avec plaisir le visiteur. A ce titre, une halte au Domaine de Montels, à 5 minutes de Montauban, clôturait de fort belle manière la première journée de visite sur place.

DomaineMontels

En dégustation avec Philippe Romain (à gauche) du Domaine de Montels

 

A l’air libre

Valloné au sud, escarpé vers les Gorges de l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne offre une diversité de paysages rares sur une si faible superficie. Parfois verdoyant, parfois aride, ils se découvrent à l’air libre grâce au soleil omniprésent tout au long de l’année. A pied sur le chemin de Saint-Jacques, à vélo dans les côteaux de Lomagne, en bateau sur le canal ou sur le Tarn, à cheval dans le Quercy, en canoé ou en paddle dans les Gorges de l’Aveyron… autant de moyen de déplacement lents pour apprécier au mieux la douceur du pays.

SaintAntonin-2

Douceur et lenteur, deux maîtres mots qui caractérisent un séjour dans le Tarn-et-Garonne. Un petit coin de France qui concentre à lui seul l’essence de l’art de vivre, façon sud-ouest.

 

P.S: Toi aussi, tu connais le Tarn-et-Garonne et souhaite conseiller des idées de visites ? Partage tes bons plans en commentaires et/ou sur les réseaux sociaux où tu peux suivre toute l’actu bon Sud bon Genre   😉

 

 

 

 

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2 réflexions sur “Tarn-et-Garonne ; un concentré d’art de vivre, version sud-ouest

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